L’anémone

L’anémone

« C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir l’anémone sauvage aux corolles tremblantes. » Dans « A la mi-carême », Alfred de Musset nous présente l’anémone d’une manière bien poétique. Il faut avouer que cette fleur magnifique, qui sème ses graines plumeuses au gré des vents, quand arrive le printemps, est une séductrice avisée, qui sait se laisser désirer en se refermant la nuit. Frivole de par sa symbolique, l’anémone n’en a pas moins intéressé les scientifiques, qui en ont fait une plante solitaire au sein de la famille des renonculacées. Une « fille du vent » au charme redoutable quand, sous des coloris envoûtants, se cachent des tubercules aplaties telles de sombres griffes ainsi qu’un feuillage étonnement lacéré.

Un brin d’histoire

Anémone

C’est au retour d’un voyage à Constantinople qu’un botaniste répondant au nom de Bachelier introduit en France les premières graines d’anémones. Nous sommes à la fin du XVIIe siècle, mais les férus « d’anémonie » devront encore patienter un peu, car M. Bachelier n’est pas prêteur et cultive jalousement son anémone dans son propre jardin. C’est un conseiller au parlement de l’époque qui serait parvenu à dérober quelques graines, en frottant ses vêtements de laine à la plante lors d’une visite chez le botaniste.

Dès lors, l’anémone ne met que quelques saisons à conquérir le cœur des Parisiens. Fleur de collection au Royaume Uni, elle devient la favorite des producteurs normands. Au XIXe siècle, il existe ainsi plus de mille variétés d’anémones, se déclinant du blanc pur au pourpre, en passant par le rose et le violet. Parmi les plus connues, la fameuse « merveille de Caen » se différencie par une hauteur remarquable d’environ 40 centimètres.

Aujourd’hui, l’anémone traduit un amour intense mais fragile, momentané ou menacé.

Bouquet d'anémones

Le mot de la fleur

L’anémone puise sa symbolique dans la Grèce antique, où elle se traduit par « la fille du vent ». Dans la mythologie, c’est une nymphe dont se serait épris Zéphyr, le dieu des vents, et qui aurait été transformée en fleur par l’épouse de celui-ci, qui en était jalouse.

Si le Moyen Âge en a fait la fleur de l’abandon, les anciens la confondaient avec l’adonis, dont le mythe est lui aussi des plus « houleux » ! Courtisé à la fois par la déesse de l’amour Aphrodite et la reine des morts Perséphone, qui se livraient une guerre sans merci, Adonis fut condamné par Zeus à partager son temps entre ses deux prétendantes rivales.

Aujourd’hui, l’anémone traduit donc un amour intense mais fragile, momentané ou menacé.

  • La consommation de l’anémone est très fortement déconseillée car cette fleur est avant tout connue pour ses propriétés irritantes, cause de légères intoxications chez l’homme et d’empoisonnement chez certains herbivores.
  •  

  • Anémone est également un prénom féminin qui se fête à la Sainte Fleur. Rendu populaire par l’actrice française Anne Bourguignon, il n’est que très rarement porté en France. C’est aussi le titre d’un film français, réalisé par Philippe Garrel en 1968.
  •  

  • L’anémone a encore inspiré les fonds marins en donnant son nom à un célèbre cnidaire anthozoaire : l’anémone de mer.

Quelques conseils d’entretien

Printanière, l’anémone est une fleur délicate qui agrémente magnifiquement les compositions florales, même si sa petite taille l’évince bien souvent des bouquets trop volumineux. Pour une meilleure conservation, il est préconisé de la tenir éloignée de toute source de chaleur et de renouveler quotidiennement son eau, qui aura été préalablement traitée.

C’est pourquoi l’anémone s’offre plus communément en pot. Robuste, elle est simple à entretenir sur un balcon, dans un jardin ou une rocaille. Elle préfère être plantée ou rempotée au printemps sur des sols légers et bien drainés. A la fin de l’été, il est possible de séparer ses bulbes afin de lui permettre de se multiplier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 commentaire

  1. DESSAIGNES Marinette

    Je suis en admiration devant toutes les fleurs quelqu’elles soient, à partir du moment où elles sont soient dans la nature, sauvages, quelconques – ou alors cultivées avec goût au jardin – et encore : mon plaisir favori c’est d’admirer des bouquets bien conçus selon les couleurs, les formes, les destinations en fonction des évènements … créer c’est avoir le goût en soi !!!

Recevez notre newsletter
Pour être informé des nouveautés et recevoir nos offres et promotions en exclusivité (voir CGV).

S'inscrire