Fleurs et Histoire

Le porte-bouquet : un comble de mondanité

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Dans les salons mondains de la France du XVIIe siècle, la mode s’exprimait d’une manière tout à fait particulière. Pour ces dames, il était en effet d’usage, à la main qui n’était pas destinée au cavalier, de rivaliser de raffinement et d’originalité grâce au porte-bouquet.
Porte bouquet
Porte bouquet
 
 
Pour la forme, l’outil se voulait assez simple : un petit vase porté par un manche et relié à la main par une chaîne et un anneau. Mais dans le fond, l’objet se voulait complexe, permettant de supporter simultanément toute une panoplie d’accessoires de séduction significatifs d’une époque où le faste grandiloquent était à son apogée.
Ainsi, madame pouvait présenter d’une seule main un bouquet de fleurs, un carnet de bal et un éventail, voire un parfum ou un miroir. Parure de luxe, chaque porte-bouquet était créé dans des pierres et des matériaux précieux, comme l’or, l’argent, l’ivoire ou la nacre.

Guindé à la limite du ronflant, l’ustensile tomba en désuétude à la fin du XIXe siècle pour devenir un objet de brocante et de collection. Le musée parisien de Cognac-Jay organisa d’ailleurs en 2005 une exposition aussi exceptionnelle que singulière en présentant au grand public une centaine de spécimens de cet âge désormais révolu.
Le porte-bouquet, pourtant, n’a pas complètement disparu. Grâce au regain du vintage, sa structure comme sont usage ont été revisités pour en faire aujourd’hui un élément prisé de décoration. S’il accompagne parfois la jeune mariée devant l’autel, ce sont surtout les artisans fleuristes qui ont repris l’objet en main pour lui offrir un second souffle de vie.
Dans une sobriété proche de la symbolique japonaise, l’objet se veut dès lors épuré et design, composé de verre, de cristal et de métal. Maintenu par un trépied, le vase ne présente plus généralement qu’une seule fleur ou branche fleurie, parfois une tige de bambou.
 
Au fil des siècles, l’opulence a laissé place à la légèreté, comme un brin de nature s’inviterait dans notre environnement. Avec fantaisie, les formes se sont affinées, les structures se sont diversifiées. A l’image de l’élégance et du bon goût qui pourraient caractériser notre contemporanéité.

Du soliflore aux bouquetiers

Trouver une définition précise du porte-bouquet dans un dictionnaire de langue française n’est pas chose aisée, l’objet étant souvent assimilé à un vase, un bouquetier ou un soliflore. En réalité, la description du « précieux » dépend en majeure partie de la période à laquelle on le situe et de l’usage qui en est fait à ce moment-là. Ainsi, la revue La Mode en parle en ces termes… en 1834 : « Les bouquets se placent dans un petit cornet en or de bijouterie qui tient à un anneau par une chaîne de manière à pouvoir laisser tomber le bouquet, et il reste suspendu à la main. »

A la française !

Le porte-bouquet connaît son apogée à Versailles, sous le règne de Louis XIV. Tout au long du XVIIIe siècle, il gagne la quasi-totalité des cours européennes, soucieuses de reproduire le célèbre art de vivre français. Sensible à l’évolution des techniques et des arts décoratifs, il se développe et se démocratise jusqu’à la fin du XIXe siècle. A partir de 1900, il rencontre même un succès retentissant auprès des hommes, qui le portent en boutonnière.

L’allié de la mariée

Au XIXe siècle, le porte-bouquet délaisse peu à peu les salons mondains pour s’approprier un autre type de cérémonie : le mariage. La coutume veut en effet que la mariée puisse tenir son bouquet durant toute la journée des festivités… avant le fameux « lancer » ! Au-delà de cette fonction pratique, le porte-bouquet a des vertus esthétiques en décorant les bancs des églises ou les véhicules composant les cortèges.

Crédits photos : DR.

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