Fleurs et Histoire

Grand-mère prend le pouvoir !

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De la mémé traditionnelle à la cyber mamie, le statut de la grand-mère n’a eu de cesse de se moderniser depuis le siècle dernier. Une évolution des mœurs et de notre société qui s’exprime largement à travers la littérature, le cinéma ou la publicité. Depuis la fin des années 80, nos mamies sont officiellement consacrées par le calendrier avec la Fête des grands-mères, qui est célébrée chaque premier dimanche du mois de mars.

Grand-mere celebre
 

1698 : « Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents ! »

Grand-mere conte
Le Petit Chaperon rouge est un conte français de tradition orale aux multiples versions, que Charles Perrault est le premier à fixer sur le papier en 1698. Dans les rôles principaux, une fillette et sa grand-mère sont victimes de la ruse d’un loup, dont l’objectif n’est autre que de les dévorer. Pour parvenir à ses fins, la bête se présente devant la maison de la vieille femme : « Tire la chevillette, la bobinette cherra », lui dit-elle avant de se faire manger. C’est ainsi que la petit Chaperon rouge se fait berner par une « mère-grand » qui a de grandes oreilles et de grandes dents. La première version du conte finit par la victoire du loup.

1940 : Grand-mère Donald, la mamie gâteaux

Grand-mere Gateau
Apparue pour la première fois en 1940, Grand-mère Donald est un personnage créé par Al Taliaferro pour Walt Disney. Membre éminent de la célèbre tribu des canards, Grandma Duck est la grand-mère de Donald et l’arrière-grand-mère de Riri, Fifi et Loulou. Bien qu’elle soit un personnage de fiction, on lui attribue une véritable histoire. Née en 1855, Elvire Duck (de son vrai nom) serait la petite fille du fondateur de Donaldville, Cornélious Ecoutum. Veuve à partir de 1920, elle aurait vendu ses terres à Balthazar Picsou pour ne conserver que sa ferme, où son emploi du temps consiste à préparer de délicieux petits plats pour ses neveux.

1949 : Mamie Nova : « Merci qui ? »

Grand-mere yaourt
Créée en 1949, Mamie Nova est une marque commerciale française qui propose des yaourts, des gâteaux et des crèmes desserts. Son emblème a particulièrement marqué les esprits dans les années 80 avec une publicité mettant en scène une grand-mère très traditionnelle qui se présente comme une experte des produits laitiers transformés. Incarnée un temps par l’actrice Renée Faure, Mamie Nova est populaire pour ses slogans chocs : « Merci qui ? », « Les mamies ne lui disent pas merci » ou le malheureux « La mamie que je préfère, elle est dans le Frigidaire », un slogan douteux qui a signé la fin du succès publicitaire pour la nonagénaire.

1954 : « Grand’Mère sait faire un bon café »

Grand-mere Cafe
Le Café Grand’Mère est une marque française de café née en 1954 dans le Nord de la France. Outre la graphie du mot grand-mère qui est assez inhabituelle, Café Grand’Mère a surtout marqué les esprits par son emblème en cartoon et son slogan devenu culte : « Grand’Mère sait faire un bon café ». Le Café Grand’Mère est à l’origine de la création de la Fête des grands-mères en 1987, une initiative jugée très commerciale qui a mis du temps à trouver un écho positif auprès du grand public. Aujourd’hui, les grands-mères sont officiellement célébrées chaque premier dimanche du mois de mars.

1972 : La Mère Denis : « C’est ben vrai ça ! »


Elle est l’une des personnalités les plus emblématiques de la publicité française. La Mère Denis, de son vrai nom Jeanne Marie Le Calvé, est une vraie grand-mère du terroir, avec sa joie de vivre, ses joues roses et son accent du Calvados. A l’initiative du publicitaire Pierre Baton, elle investit le petit écran en 1972 pour représenter la marque de machines à laver Vedette durant une bonne décennie. Les slogans « C’est ben vrai ça ! » et « Ça c’est vrai ça !! » sont restés célèbres. Jeanne Marie Le Calvé, qui est décédée en 1989 à Pont-l’Évêque, fait partie des personnalités préférées des Françaises en 1976.

1984 : « Et c’est tant mieux parce que je ferai pas ça tous les jours… »


Le grand public la connaît pour son rôle « glissant » dans la publicité pour la promotion du dépoussiérant de la marque Pliz. En 1984, Marie-Pierre Casey s’accapare le petit écran avec un slogan désormais célèbre : « Et c’est tant mieux parce que je ferai pas ça tous les jours… » L’actrice n’en est alors pas à son premier essai puisqu’elle a participé à plusieurs émissions de divertissement comme Cocoricocoboy ou Cluedo. Après une courte parenthèse dans la chanson et le one woman show, Marie-Pierre Casey a également été remarquée à la fin des années 80 dans la série télévisée Marc et Sophie.

1984 : Gisèle et Lucienne, les mémés vamps


Si les Vamps ont connu leurs plus gros succès dans les années 90, l’histoire de ce duo comique composé par Nicole Avezard et Dominique de Lacoste débute réellement en 1984. C’est l’histoire de deux vieilles ménagères, Gisèle et Lucienne, dont les principales occupations sont de dire du mal de leurs voisines, commenter les séries télévisées et se critiquer entre elles. Un duo très populaire qui ne manque pas d’égratigner le style vestimentaire des femmes âgées des années 50. Cette parodie atteint d’ailleurs son apogée en 1989 avec l’organisation d’un faux défilé de mode intitulé « La basse couture ».

1987 : Mona, la grand-mère séductrice


Diffusée aux Etats-Unis dès 1984, la célèbre série télévisée Madame est servie arrive sur les écrans français en 1987. Cette comédie américaine raconte l’histoire de l’ex-champion de base-ball Tony Micelli, qui s’installe en tant qu’homme de ménage avec sa fille Samantha chez la femme d’affaires Angela Bower et son fils Jonathan. Parmi les rôles principaux, la grand-mère de Jonathan, Mona Robinson (alias Katherine Helmond) est une séductrice avertie qui affiche clairement ses pulsions érotiques. Pour la première fois sur le petit écran, la grand-mère est présentée comme une femme sensuelle, provocatrice et complètement délurée.

1990 : « Vous ne la connaissez pas encore, mais elle vous déteste déjà ! »


En 1990, Etienne Chatiliez crée l’événement sur grand écran avec la sortie de la comédie Tatie Danielle et son slogan évocateur : « Vous ne la connaissez pas encore, mais elle vous déteste déjà ! » Dans le rôle principal du film, une nonagénaire odieuse, capricieuse, menteuse mais également voleuse, vient bouleverser l’image gentillette de la grand-mère traditionnelle. C’est l’histoire de Danielle Billard, 82 ans, qui va s’installer chez ses neveux parisiens pour leur faire vivre… un véritable enfer ! Un challenge réussi puisque le film a été récompensé par trois Césars en 1991, dont celui de la meilleure actrice pour Tsilla Chelton.

1993 : Madame Doubtfire, la mamie travestie


Réalisé par Chris Columbus en 1993, Madame Doubtfire est une comédie américaine adaptée du roman d’Anne Fine paru quelques années plus tôt : Quand papa était femme de ménage. C’est l’histoire de Daniel Hillard, divorcé de sa femme Miranda, qui décide de se travestir en vieille gouvernante écossaise pour revoir ses enfants. Emmené par le talentueux Robin Williams, la supercherie fonctionne et permet au film de se classer parmi les plus gros succès cinématographiques de l’année 1993. Madame Doubtfire a été récompensée aux Golden Globes ainsi qu’aux Oscars.

1997 : Super Mamie

Grand-mere concours
En 1997, le public français découvre un concours de miss d’un genre nouveau : l’élection de Super Mamie, un rendez-vous très familial que les organisateurs présentent comme un retour « aux vraies valeurs » afin de mettre en lumière « des femmes extraordinaires ». Pour être retenues, ces candidates du troisième âge doivent ainsi répondre à des critères qui sont aux antipodes de la miss traditionnelle : être âgée de 45 à 80 ans et avoir su trouver un équilibre entre vie familiale, professionnelle et sociale. La première Super Mamie est Odette Petit (Champagne-Ardenne), qui a été élue au Théâtre de la Mutualité à Paris.

Des mamies très « people » !

De nombreuses grands-mères ont rencontré le succès en tant que femmes âgées. On pense notamment à Lucienne, la mamie reporter sur Canal+, ou Mamika, la grand-mère hyperactive qui est aussi top model.
Mais la presse people préfère généralement afficher à la Une des femmes dont la notoriété était acquise bien avant qu’elles ne deviennent grands-mères, faisant de ce statut un nouvel outil commercial. Parmi les plus populaires, les actrices française Catherine Deneuve et italienne Sophia Loren, toutes les deux grands-mères de quatre petits-enfants, mais aussi Brigitte Bardot, Jane Fonda, Susan Sarandon, Jane Birkin ou Sylvie Vartan.

© SENS Agence / DR

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Les commentaires de nos lecteurs !

  • Maman posté le

    Joli panorama des grands mères au travers du monde du spectacle. On se rend mieux compte que ce statut permet de s’exprimer plus librement pour certaines femmes devenues grands mères! En les voyant ainsi libérées, on comprends aussi qu’être dans la fleur de l’âge est plutôt contraignant socialement.
    Avec ces quelques mamies hors norme, on est bien loin du cliché de la grand mère respectable, un peu bigote, préparant « un bon café » dans son atelier de torréfaction.

  • Marie posté le

    Tres bon article, c’est aussi tres drole… Mais offrir du champagne à une mamie tout de même!!

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